The Paris Seine Initiative

Plateformes technologiques

COSMÉTOMIQUE

Cosmétomique est un catalyseur de plusieurs plateformes dans toute la France, adossées à des laboratoires. Dénommée Cosmetomics@ucp, la première a été lancée en Île-de-France, avec en tête l’université de Cergy-Pontoise et des grands instruments comme le Synchrotron Soleil, accélérateur de particules élémentaires et fleuron de la recherche française. Cosmetomics est dédiée à l’efficacité des produits en lien avec la peau et les cheveux. Deux autres plateformes vont voir le jour. D’ici mars prochain, l’une ouvrira à Évreux et sera axée sur l’innocuité des produits. Suivra ensuite une autre,  en région Centre-Val de Loire, consacrée à l’imagerie clinique (tests sur l’humain).

L’ objectif est de structurer la recherche de la filière, pour former un « cluster » suffisamment fort, avec très vite une dimension internationale. N’importe quelle entreprise dans le monde pourra recourir aux services qu’offre la plateforme. Pour garder son leadership, la cosmétique française doit s’appuyer sur sa capacité à prouver la qualité, l’efficacité et l’innocuité de ses produits. Notre volonté est de promouvoir la qualité française à l’étranger.

FACLAB

L’ université de Cergy-Pontoise a innové en ouvrant un FabLab (Fabrication Laboratory) il y a quatre ans au sein même de l’université, sur le site de Gennevilliers. Ce concept, initié au MIT aux États-Unis, consiste à mettre à disposition de tous les publics divers outils de haute technologie pour favoriser la création et l’innovation.

Le FabLab, baptisé FacLab, accueille des professionnels, des étudiants, des chercheurs et autres passionnés de bricolage qui viennent utiliser une découpe laser, une imprimante 3D, mais aussi des perceuses, des scies, des machines à coudre. En 2016, le FacLab a reçu plus de 2000 visites en dix mois, les habitués utilisant cet atelier pour réaliser des meubles pour réparer des pièces de machine à laver, pour concevoir des bijoux…

Ces artisans 2.0 forment une véritable communauté, l’un des principes du FacLab étant de partager ses connaissances et ses compétences : l’idée est celle d’un forum Internet mais sa réalisation est un lieu physique ouvert à l’apprentissage par « le faire » et source d’importants brassages… le geek donne un coup de main à la styliste qui crée son manteau et l’ingénieur conseille l’étudiant en design qui fabrique une table basse pour Noël !

INSTITUT DES MATERIAUX

Les biologistes étudient les cellules, les chimistes s’intéressent aux polymères, les ingénieurs en génie civil savent tout du ciment et les géologues expertisent les roches. Tous ces scientifiques ont un point commun : leur travail porte à différentes échelles sur des matériaux, qu’ils soient mous ou durs, petits ou grands. À l’université de Cergy-Pontoise, les chercheurs ont eu l’idée originale de créer un institut des matériaux pour réunir les différents savoir-faire autour des matériaux. Depuis 2010, la fédération des matériaux baptisée i-Mat regroupe donc les biologistes du laboratoire ERRMECe, les chimistes du laboratoire LPPI, les ingénieurs du laboratoire L2MGC et les géologues du laboratoire GEC. Ils ont mis en commun leurs appareils de mesure (plate-forme technique) et leurs compétences pour explorer de nouveaux pans de recherche. Les chimistes et les biologistes ont par exemple travaillé ensemble à l’élaboration d’un gel associant polymères et protéines qui agit comme un pansement dynamique. Les chercheurs des quatre laboratoires ont également uni leurs talents pour travailler sur les questions du patrimoine. Les géologues et les microbiologistes se sont notamment penchés sur les processus de biodétérioration qui affectent les pierres des monuments historiques, les biochimistes se sont intéressés au vieillissement du cuir et les chimistes proposent des solutions pour la restauration des ouvrages anciens en papier.

L’institut des matériaux fait donc avancer la recherche, mais il présente un autre intérêt. Il répond aussi aux attentes des entreprises. Les quatre laboratoires disposent des outils capables d’analyser tous les matériaux imaginables, les entreprises font donc régulièrement appel aux services de l’institut des matériaux dans le cadre de leur programme R&D. L’approche originale et transversale séduit des groupes français de secteurs variés (pétrole, construction, automobile…). La plate-forme i-Mat présente enfin un intérêt aux yeux des étudiants qui peuvent assister aux colloques organisés par la fédération des matériaux.

PATRIMEX

Patrimex rassemble des outils de caractérisation, de conservation et de restauration utilisant les interactions ondes lumineuses – patrimoine matériel sous toutes ses formes (monuments, statues, tableaux, manuscrits, archives, instruments anciens). Patrimex devrait devenir dans les prochaines années l’un des hauts lieux de compréhension des supports matériels du point de vue de leurs caractéristiques à la fois physiques, historiques et culturelles. Sur le site de Neuville de l’université de Cergy-Pontoise, de nouveaux outils laser seront développés pour répondre aux enjeux de caractérisation et restauration du patrimoine matériel.

Ces outils innovants seront mis au point en synergie avec Ipanema (Institut Photonique d’Analyse Non-destructive Européen des Matériaux Anciens), une plate-forme de recherche dédiée à l’étude des matériaux du patrimoine implantée au sein même du prestigieux Synchrotron Soleil. « Cet instrument gigantesque permet d’explorer de façon non-destructive le coeur de la matière grâce au rayonnement produit par la circulation d’électrons à une vitesse proche de celle de la lumière », nous explique Romain Thomas, correspondant scientifique de Patrima.

Les résultats obtenus permettent une connaissance beaucoup plus fine du patrimoine matériel, laissant envisager, par exemple, de nouvelles techniques de restauration. Ces outils innovants seront mis à la disposition de la communauté scientifique et des institutions partenaires de Patrima. Des versions embarquées dans une plate-forme mobile permettent au LRMH (Laboratoire de Recherche des Monuments Historiques),  de faire des analyses sur site, pour tous les monuments historiques.

Enfin, l’ensemble des informations collectées est conservé numériquement et mis à disposition des laboratoires impliqués grâce à la création d’une base de données des plus perfectionnées, véritable système d’information dédié à l’étude du patrimoine matériel et la transmission des connaissances associées.

PEPTLAB

À Cergy-Pontoise, les vingt chercheurs de la plate-forme technologique PeptLab ont fait des peptides leur principal objet d’étude. Ils sont chimistes ou biologistes et tentent, ensemble, de démontrer l’utilité thérapeutique des millions de peptides répertoriés. Anna Maria Papini, responsable de la plate-forme, nous explique que les peptides ont longtemps été mis de côté par la recherche pharmaceutique. « Les laboratoires pensaient que les peptides étaient dégradables et peu efficaces».

Aujourd’hui, les chercheurs du monde entier sont en train de prouver le contraire. À Cergy-Pontoise, l’équipe de Anna Maria Papini a montré l’efficacité de peptides pour traiter la sclérose en plaques, l’arthrite rhumatoïde et pour diagnostiquer des tumeurs cancéreuses. D’autres pistes sont explorées, les chercheurs travaillent notamment sur l’autisme (syndrome de Rett) et sur les maladies auto-immunes (lupus). « Les peptides peuvent être administrés grâce à un patch ou bien par inhalation, précise Anna Maria Papini. L’action est plus ciblée et engendre moins d’effets secondaires que les autres traitements ».

PLACIS

La PLACIS (PLAte-forme Collaborative d’Ingénierie Systèmes) a été sélectionnée dans le cadre des IDEFI (Initiatives D’Excellence en Formation Innovante). Elle est portée par l’EISTI, l’ENSEA, SUPMECA et a pour partenaire Dassault Systémes, Politechnico de Turin et Politechnico de Milan.

Née d’un besoin exprimé par des ingénieurs « systèmes » et des ingénieurs préparés à travailler dans un environnement international., la plate-forme permet de mettre en place, d’expérimenter et de finaliser une interface collaborative pour l’enseignement qui rapprochera les mondes académiques et socio-économiques à un niveau européen et international. A cette fin, un produit français leader sur ce secteur d’activité sera utilisé : la plate-forme PLM (Product Live cycle Management) CATIA V6.

Chaque projet de recherche soumis à la plateforme par une entreprise comporte au moins un partenaire académique à l’étranger. Les élèves communiquent et travaillent alors à distance sur une sous-partie du projet. Une manière efficace pour les futurs ingénieurs système de s’habituer à travailler dans un cadre international.

Concevoir des projets futuristes en réunissant des compétences d’élèves ingénieurs européens ou internationaux et des entreprises, telle est l’ambition de PLACIS !

TECHEDULAB

Cette plate-forme technologique regroupe des chercheurs du laboratoire EMA et d’autres laboratoires de l’université de Cergy-Pontoise, venant des sciences de l’éducation, de la sociologie, didactique, psychologie, mais aussi de l’informatique. Ensemble, ils imaginent l’école de demain en se posant ce type de questions : comment configurer un espace de classe communicant, saturé en technologies pour un meilleur enseignement et de meilleurs apprentissages ? Comment mobiliser et faire converger les technologies numériques pour accroître et diversifier les interactions au cours desquelles l’élève est véritablement actif ?

Comment adapter ces technologies et ces espaces aux besoins réels des élèves ? Pour répondre à ces interrogations, les chercheurs de TecheduLab disposent d’une salle expérimentale, située sur le site de l’ESPE de Cergy. Cette pièce est équipée de tableaux numériques, de tablettes, d’ordinateurs, de vidéo-projecteurs et d’une table numérique tactile et de nombreuses ressources numériques locales et distantes. Elle accueille des étudiants de l’université de Cergy-Pontoise avec leurs enseignants qui testent les moyens pédagogiques innovants mis en place par les chercheurs. François Villemonteix nous explique : « Les chercheurs qui travaillent ici, construisent des scénarios de cours durant lesquels les étudiants ont recours aux différents outils technologiques et mobilisent les espaces selon des critères précis. Nous souhaitons tester des scénarios pédagogiques expérimentaux, collecter des traces de l’activité instrumentée, des interactions, des mouvements au cours des séances et analyser les différentes variables qui interviennent dans les processus d’apprentissage. »